2021/10 - L'art numérique

L’ART NUMERIQUE

L'art contemporain englobe toutes les œuvres d'art produites depuis la moitié du XXème siècle à nos jours. Le monde de l’art a toujours été considéré comme un milieu élitiste et peu accessible.

L’art numérique est encore difficilement considéré comme un art à part entière. Ceci est probablement dû au fait qu’il est une forme artistique encore récente. Dans la seconde moitié du XXe siècle, rien de nouveau n’est venu en art plastique sauf l’art numérique et le street art ; les deux sont un peu liés à la culture de l’image.

On désigne par « art numérique » tout art réalisé à l'aide de dispositifs numériques – ordinateurs, interfaces et réseaux. Cette définition reste technique et générique. Elle englobe les multiples appellations désignant des genres particuliers de l'art numérique, comme l'art virtuel, l'art en réseau, le cyberart, etc. L’art numérique désigne une multitude de courants artistiques liés aux technologies, qui sont elles-mêmes en constante mutation. Certaines pratiques font aujourd’hui entièrement parties du monde actuel et sont intégrées dans la vie de tous les jours.

 

Aux Pays-Bas, grâce à la photo haute résolution ainsi qu'à l'impression 3D, le Musée Van Gogh a réussi à reproduire 4 chef d'œuvre du maître. Les copies sont tellement parfaites que même les coups de pinceaux sont reproduits à l'identique…Avec un simple téléphone, il est désormais possible de créer une œuvre numérique. L’artiste peut, à partir du moment où il a des idées inventives, aussi bien détourner des objets numériques et électroniques, comprenant des technologies récentes ou anciennes, qu'utiliser des objets dédiés pour la création numérique.

Le marché de l’art ne cesse de se développer en parallèle avec l’évolution de l’internet. L’artiste numérique va malmener ces outils, bousculer leur utilisation traditionnelle, leur « mode d’emploi » pour exprimer quelque chose d’autre. Désormais, il est impossible de séparer art et science.

Aujourd’hui, l’art numérique est à la portée de tous, et fait partie intégrante de nos vies.

 

L’art numérique, c’est quoi ?

On désigne par « art numérique » tout art réalisé à l'aide de dispositifs numériques – ordinateurs, interfaces et réseaux. Cette définition reste technique et générique. Elle englobe les multiples appellations désignant des genres particuliers de l'art numérique, comme l'art virtuel, l'art en réseau, le cyberart, etc. Historiquement, elle succède, sans les rendre obsolètes, aux appellations précédentes d'« art à l'ordinateur » et d'« art informatique », toutes deux confondues dans les expressions computer art ou encore « art électronique ». Alors que la première appellation insistait sur la machine ordinateur, la seconde faisait plutôt référence à la science en plein développement sous-tendant cette technologie : l'informatique (computer science). Cette dernière met l'accent sur l'extension de la technologie numérique à la quasi-totalité des activités techniques humaines.

L’art numérique est un terme générique utilisé pour décrire de manière commune toutes les formes d’art faisant appel à des outils informatiques ou électroniques, des intelligences artificielles, et de manière générale à toutes les productions artistiques liées aux sciences et aux technologies. Le numérique transforme la circulation des connaissances, des représentations et des œuvres et influe sur leur valeur.

 

L’ art est en effet indissociable de la technologie et du contexte des années 1990, révélant notamment les implications sociales du réseau, des technologies de repérage et d'accès à l'information sur Internet. L'art numérique désigne un ensemble varié de catégories de création utilisant les spécificités du langage et des dispositifs numériques, ordinateur, interface ou réseau.

On commence à parler d’art numérique dès les années 1940-1950. Les expérimentations les plus anciennes dans ce domaine datent en effet de la création des premiers programmes informatiques. L’art par ordinateur a été marqué par les artistes dans les années 1960. John Witney est considéré comme le père de l’infographie, Charles Csuri celui des images animées par ordinateur. Véra Molnar développe l’utilisation de « la table traçante et du stylet […] » . Un progrès considérable sera réalisé avec l’emploi de cartes graphiques qui permettent de dessiner "en temps réel", le tracé suivant très exactement le geste. De nombreux projets sont développés par la suite, toujours en collaboration étroite entre artistes (Andy Warhol ou Jasper Johns) et ingénieurs avec le développement de l’ère industrielle, puis électronique.

L’art numérique est à la fois lié à l’expérimentation, aux sciences, à la culture de consommation et aux technologies. Une œuvre d’art numérique peut être le fruit d’une collaboration entre un artiste, chercheurs, programmeurs, ingénieurs, scientifiques et designers. En effet, l’art numérique se retrouve dans différentes disciplines et couvre un éventail large de pratiques artistiques comme les arts plastiques.

En 1990, l’art numérique intègre les techniques existantes qui évoluent en permanence, mais qui sont composées par du matériel et des logiciels à la base. Les amateurs d’art numérique créaient leurs propres logiciels, ou avaient recours à des ingénieurs informaticiens. Par la suite, les logiciels de création numérique apparus sur le marché, ont permis aux créateurs de l’art numérique d’élaborer des formules toutes faites, pour la création sonore et vidéo interactive. Actuellement, le traitement en temps réel de flux sonores, graphiques, vidéos, est possible, grâce aux logiciels performants de création numérique. L’acte de créer l’œuvre d’art a plus d’importance que l’œuvre elle-même.

Les arts numériques s’enracinent dans et épousent les contours des évolutions liées à l’informatique. En attestent les variantes sémantiques « art cybernétique » et « art par ordinateur » sous lesquelles on a aussi désigné les nouvelles pratiques artistiques qui ont commencé à émerger avec l’arrivée de la micro-informatique grand public dans les années 1980. L’art numérique est un terme générique utilisé pour décrire de manière commune toutes les formes d’arts faisant appel à des outils informatiques ou électroniques, des intelligences artificielles, et de manière générale à toutes les productions artistiques liées aux sciences et aux technologies.

 

En revanche, une photographie numérique n’est pas considérée comme de l’art numérique : le numérique doit intervenir dans la création et le fonctionnement d’une œuvre, pour transformer et modifier celle-ci. À des éléments d’arts visuels plus généraux (par exemple, une peinture) s’ajoute l’utilisation d’éléments de nature technologique, nécessitant l’électricité et l’informatique, afin de créer une innovation artistique avec le numérique comme matière.

Les arts numériques ont un commencement indéterminé. On peut simplement dire que ceux-ci sont arrivés en parallèle de l’avènement des nouvelles technologies. Elles ont été détournées pour produire des projets artistiques

 

Du musicien Wagner à l’arrivée des nouvelles technologies

L’art numérique nous surprend. On a plus découvert en cinquante ans, que des grottes de Lascaux jusqu’au milieu du XXe siècle ! Ce qui est intéressant dans l’art numérique, c’est que les scientifiques et artistes utilisent les mêmes pinceaux, des ordinateurs qui peuvent effectuer 50 milliards d’opérations par seconde !

Le musicien Richard Wagner n’était – il pas un précurseur dans le sens où il écrit en 1849 un essai “L'œuvre d'art du future” ? Il imagine une fusion des différents arts en utilisant l'opéra comme medium. En 1876, ouvre le Palais des festivals à Bayreuth en Allemagne où Wagner va mettre en application ses théories : mettre les spectateurs dans la pénombre, les entourer par la réverbération sonore, jouer des lumières et revitaliser le principe de l'amphithéâtre grec pour focaliser l'attention sur la scène. Ceci préfigurait en quelque sorte la réalité virtuelle et immersive.

Ensuite, des mouvements et courants artistiques antérieurs tels que Dada, Fluxus, l’art conceptuel, l’art cinétique ont eu un impact sur l’art numérique : participation du public, remise en cause de la matérialité de l’objet d’art, hasard et contrôle, interaction. Puis, l’arrivée des nouvelles technologies, l’ère du numérique ont permis de développer tous ces points.

Tout au long des siècles, l’évolution des techniques a toujours permis l’émergence de nouvelles formes rejetées par leur époque. Qui aujourd’hui oserait remettre en question la qualité artistique des toiles impressionnistes ou pointillistes ? Pourtant, elles ont été influencées, à la fois par les travaux d’Isaac Newton sur la décomposition de la lumière blanche et la loi du contraste simultané des couleurs édictée par le chimiste français Michel-Eugène Chevreul.

On peut trouver tant au XIXe qu’au XXe siècle beaucoup de précurseurs de nos univers numériques. Un artiste comme Seurat, en développant son travail sur le pointillisme, préfigure le tube cathodique. Mondrian, avec ses Boogie Woogie, annonce l’effet “pixel”. Dans les années 1970, le peintre Yvon Taillandier n’avait-il une vision prémonitoire d’un univers peuplé d’internautes avant l’heure, reliés entre eux sur la toile lorsqu’il expliquait « loin de diviser, les tubes unissent et rassemblent » ?

On se souvient ! L’ « effet Duchamp » ne cesse de faire des vagues. La première moitié du siècle a été agitée et la peinture en bute à d’immenses chamboulements. Pendant que Pollock fait corps avec la toile, Fontana donne à ses œuvres le nom de « concept spatial », Klein veut peindre le « monde de la couleur pure » et Buren finira par déterminer son « degré zéro » de la peinture. De son côté, Nam June Paik entreprend de jouer avec des tubes cathodiques de téléviseur et expose les résultats de ses premières recherches à Wuppertal (Allemagne) en mars 1963.

 

Les outils de création relevant du langage numérique

Même si l’origine des arts numériques peut faire débat, et n’a pas de vérité absolue, il faut cependant noter quelques grandes dates et références artistiques ayant contribué à l’essor de cette nouvelle discipline. L’oscillon 40 de Ben Laposky, en 1950, fait date en étant considérée comme la première image électronique, créée par des oscilloscopes.

Les arts numériques, qui obéissent à des instructions précises, trouvent leurs racines dans le mouvement dadaïste des années 1920, et plus précisément dans l’œuvre de Marcel Duchamp et de Man Ray. L'ère des ordinateurs modernes commence avec les grands développements de la Seconde Guerre mondiale. En 1950, Ben Laposky, mathématicien et artiste américain, crée les premières images dites électroniques sur des ordinateurs analogiques à partir d’oscilloscopes.

 

Portée par la puissance de calcul de l'ordinateur et le développement d'interfaces électroniques autorisant une interaction entre le sujet humain, le programme et le résultat de cette rencontre, la création numérique s'est développée en déclinant des catégories artistiques déjà bien identifiées.

Les frontières entre mondes virtuels numériques et espaces physiques se dissolvent. Internet et les réseaux deviennent mobiles.

Des artistes et des galeries utilisent les technologies à la base des cryptomonnaies pour conférer de la rareté à l’art numérique. Il en résulte un marché en pleine ébullition ! En premier lieu, l’art numérique regroupe divers outils de création relevant du langage numérique. A partir des années 1960, l’art numérique est devenu un art à part entière. Il englobe plusieurs caractéristiques distinctes telles la réalité virtuelle, la réalité augmentée, l’art audiovisuel, l’art génératif et l’art interactif. Sans oublier l’émergence du Net-art, la présence de la photographie numérique et l’art robotique.

 

Les environnements virtuels nés de l’interactivité

 

Un environnement interactif est un cadre particulier réunissant et impliquant le spectateur au cours d’une observation critique et empreint de discernement. Ainsi, l’implication physique des spectateurs est effective au niveau de la création. En effet, un environnement interactif utilise des capteurs, qui interprètent les gestes et la morphologie du spectateur, ainsi que ses sens. T ous ces facteurs émanant du spectateur sont requis, puis analysés pour aboutir à une matrice créative qui renseigne et regénère l’espace qui l’entoure. Ainsi, en s’inspirant de l’environnement de réalité virtuelle, ou l’environnement de réalité augmentée, les artistes disposent d’outils de création, afin de concevoir des conditions complexes, des concepts engagés voire oniriques.

Le premier constat incontestable est que les institutions culturelles font actuellement d'immenses efforts afin d'assurer leur transition à l'ère numérique. Les progrès effectués semblent cependant revêtir un paradoxe : ils sont à la fois immenses et infimes. De fait, près de 75 % des musées français ont une identité virtuelle (site Internet et présence sur les réseaux sociaux), mais seulement 5 à 10 % de ces institutions proposent une médiation utilisant un média numérique.

 

Le marché de l’art

Le marché de l’art est une source de nouveaux revenus pour les artistes des nouveaux médias. Une constatation s’impose : les arts numériques n’ont pas encore leur place au sein du marché de l’art, essentiellement pour des motifs financiers (absence de collectionneurs, par exemple). Mais la création d’un marché – qui repose de fait sur l’organisation de la rareté – est-elle compatible avec l’essence même des arts numériques ? Ce modèle économique est-il encore opérationnel vis-à-vis de créations qui peuvent se passer de support tangible, matériel, même si le droit d’auteur est justement là pour protéger la création immatérielle ?

Les artistes s’emparent de ces outils dans l’espoir que cette société ne soit pas seulement celle de la surveillance, de la sécurité et du contrôle, mais aussi celle de la transparence, du soin et de la solidarité. L’Internet et les mobiles font aujourd’hui partie de la vie quotidienne : nous sommes tous devenus « digital addicts », pour le meilleur et pour le pire. Au cœur de cette révolution numérique, les artistes des nouveaux médias s’emparent de ces technologies, les détournent, les transforment, créent de nouveaux usages, ouvrent un espace critique.

 

Qu'est-ce que le NFT ?

Le 11 mars 2021, une œuvre d’art numérique est vendue 69,3 millions de dollars par la maison d’enchères Christie’s. L’artiste Beeple bat le record du monde du NFT le plus cher du monde, grâce à son collage numérique Everydays. Il se hisse alors à la tête de la troisième œuvre la plus chère de l’Histoire vendue par un artiste vivant. Baptisée « Everdays : The 5000 Days», cette œuvre est une image mesurant 21 069 pixels de large et 21 069 pixels de long, le résultat d'un collage de 5 000 œuvres de l'artiste. Il est incontestable que le NFT de Beeple représente une étape importante dans le développement du marché de l'art numérique. Vendu plus cher que certains tableaux de Picasso et de multiples peintres célèbres, le NFT ouvre la voie à des ventes encore plus impressionnantes à l'avenir.

En réaction au désenchantement généralisé de notre époque, les arts prennent la relève de la magie, remplacent la religion et se rapprochent de la philosophie. Face au scandale éthique permanent de nos sociétés, ils recourent à une esthétique interrogative et vont contribuer à mettre au monde un autre monde.

L'aspect purement spéculatif n'est pas à écarter.  Les investisseurs qui achètent des NFT à plusieurs millions de dollars ne recherchent t-ils avant tout à faire une plus-value sur le long terme ? Certes, les sommes dépensées sont parfois exorbitantes, mais l'art numérique n'est que l'une des multiples facettes de ces tokens non fongibles.

Les NFT, titres de propriété d’objets numériques, ouvrent de nouvelles perspectives pour les artistes digitaux, qui ont souvent des difficultés à monétiser leurs œuvres virtuelles. Mais au sein de la communauté artistique, ces « jetons non-fongibles » provoquent un débat enflammé entre ses partisans et ses détracteurs.

En pratique, il est possible de générer des fichiers digitaux uniques et non-duplicables. La technologie appelée blockchain permet d’estampiller n’importe quel fichier numérique (gif, vidéo, image, tweet) avec un marqueur d’authenticité infalsifiable, qui dans le monde réel, peut être considéré comme un titre de propriété. Ce dernier, associé au fichier en question, est un NFT (jeton non fongible). Grace au NFT, les artistes peuvent exiger de recevoir systématiquement un pourcentage du prix de revente.

On protège l'œuvre en la cryptant sur ce qu'on appelle la blockchain. Elle désigne la structure de données utilisée par Bitcoin pour lister l'ensemble des transactions réalisées par ses utilisateurs. Les transactions sont regroupées dans des blocs chaînés entre eux, et des blocs sont rajoutés à la chaîne. Le registre est partagé entre les membres d'un réseau, d'où le fait qu'on parle parfois de registre distribué. C'est une technologie de stockage et de transmission d'informations, totalement sécurisée fonctionnant sans organe de contrôle mais de façon autonome, sur la base de très longues lignes de code qui sont associées à une création.

Les œuvres numériques peuvent entrer sur le marché de l’art, et se vendre comme une création contemporaine classique disposant d’un certificat d’authentification. Les NFT fonctionnent sur le même principe que les cryptomonnaies, basés sur une blockchain. Ils sont infalsifiables, ineffaçables et non reproductibles. Contrairement aux cryptomonnaies, en revanche, ils ne sont pas interchangeables, étant chacun uniques (non fongibles).

 

Les NFT constituent l'innovation la plus influente et excitante qu'ait connu le monde de l'art ces dix dernières années". A quoi correspondent ces NFT ? Qu'ont-ils à voir avec le monde de l'art ? Jack Dorsey, le fondateur de Twitter, mais aussi l'artiste Banksy ont décidé de vendre leurs œuvres sous forme de NFT,

 

Art numérique, Art de demain

Le monde de l’art contemporain évolue, la technologie le pousse à redéfinir ses frontières. Ses normes sont aujourd’hui celles du dialogue, de l’échange, de la participation, de la communication.

Aussi enthousiaste, Jacques Attali (1998) considère Internet comme le septième continent, virtuel et sans frontière. D’après l’auteur, les réseaux sont subversifs et libertaires, ce sont des lieux de solidarité, d’entre aide, de rencontres, d’échanges.

Aujourd’hui, l’art numérique est présent dans le monde entier, et impacte toutes les franges de la société. L’accès à la technologie s’étant diffusé et mondialisé, de nombreux artistes, peintres, et créatifs de tous les pays et de tout genre, se sont emparés de ce phénomène en proposant des œuvres toutes plus différentes les unes que les autres. Il se passe avec l’art numérique le même phénomène qui a eu lieu avec la renaissance et l’émergence de la perspective dans les tableaux.

Les artistes numériques mettent en question notre rapport au monde et en récit les grands enjeux contemporains : urgence écologique, exploitation des données personnelles, réalités mixtes, viralité des réseaux, écriture des utopies de demain, etc. Les arts numériques sont à la fois le vecteur d’expériences esthétiques inédites, puisqu’elles se cristallisent autour de technologies nouvelles, et aussi le reflet privilégié d’un monde qui change.

L’émergence de musées spécialisés, et la multiplication d’expositions dédiées à l’art numérique, montrent l’engouement que procurent ces disciplines, toujours en évolution au fil du progrès des nouvelles technologies.

Le domaine de l’art numérique étant en train de prendre forme dans la société, les genres sont encore mal définis et les acteurs manquent ainsi de repères normatifs pour distinguer clairement le net art du web artistique.

L’homme aux premières étapes de la civilisation est consciemment créateur, non seulement d’outils qui le protègent mais aussi créateur d’objets qui n’offrent pas directement une fonction, mais qui créent un «concept». Aujourd’hui, la culture numérique pour la première fois offre à chacun de nouvelles possibilités de mémoire et d’expression artistique, à un degré où la plus grande partie des possibilités reste inexploitée.

L’expérience digitale de l’art représente d’une certaine manière un nouveau paradigme, une nouvelle vision de l’art. Un tel outillage va même jusqu’à inverser certains rapports de force : dans un espace souvent perçu comme élitiste, et caractérisé par une logique d’apprentissage descendante, le visiteur devient désormais plus facilement maître de sa propre expérience. Il peut aller chercher les informations qui l’intéressent, aux moments où elles l’intéressent.

 

Art contemporain et création numérique : l’exemple africain

Il est également intéressant de regarder les pratiques des créateurs numériques en Afrique. L’art contemporain africain lié aux nouvelles technologies reste aujourd’hui méconnu et sous-représenté à l’échelle internationale. On constate pourtant la diversité et la richesse de ces expressions artistiques, liées aux contextes spécifiques, culturels, économiques et sociaux du continent africain. Toutes les tendances sont représentées : installations multimédia, œuvres-machines, photographies numériques, art vidéo, live audiovisuel, net art, art sonore, lectures poétiques, projets typographiques, graphisme animé, jeu vidéo, processus participatifs, dispositifs interactifs, art du recyclage, art du code, design, art de la localisation, « culture virale de la rue », expérimentations libres…

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